Pour l'amour de l'art «No gender», Noura Gauper (crédit: Simon Rimaz)
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Pour l'amour de l'art

Jusqu’au 6 avril, ne perdez plus de temps à chasser les œufs de Pâques. Retracez plutôt les projets de l’exposition urbaine «I Love #ArtisteDici». Sur 135 candidatures, la Ville de Lausanne a choisi 45 artistes locaux pour tapisser les panneaux d’affichage de leurs œuvres. Photos, dessins, peintures, tout était permis : « Il faut relancer la culture!» insiste le programme  qui a lancé le top départ de l’initiative le 27 mars dernier.


La situation due à la pandémie a fortement affaibli le domaine de la culture. Comme le rappelait un article du 24 heures le 29 mars dernier:« En février, la task force Culture romande dévoilait que 43% des acteurs et actrices du milieu culturel envisageaient d’abandonner leur métier pour des raisons financières.» C’est pourquoi les artistes ont reçu la somme de 1500 francs en guise de soutien et pour compenser les annulations de la plupart des manifestations artistiques. «L’événement avait déjà eu lieu à Sion et à Genève et je suis heureuse d’avoir été sélectionnée», explique Noura Gauper, photographe indépendante qui a présenté une splendide jeune femme aux jambes totalement naturelles, on n’entend : pas épilée. «Il fallait que l’image proposée aille dans la continuité des travaux et des thèmes d’intérêt de l’artiste, c’est pourquoi, après avoir sorti le livre Trans*, (Éd. Till Schaap), j’ai choisi de mettre en avant le thème de la non-binarité, du no gender. Ce projet-là, le choix de cette image s’est fait par rapport à la ville de Lausanne qui est non seulement la capitale olympique mais  aussi un haut lieu de danse classique, par son rapport avec le ballet Béjart. Cette image de femme en ballerines parle des nouvelles identités de genre, du fait que la pilosité naturelle est apparente au premier coup d’œil et que c'est bien comme ça.»


«No gender», Noura Gauper (crédit: Noura Gauper)


La modèle, et non moins artiste lausannoise issue de l'ECAL, Moloudi Hadji, a publié sur les réseaux sociaux un texte (voir l’intro image ci-jointe) sur l’injonction du poil et la manière dont les femmes se sentent toujours objectivées par rapport à cela. Elle confie à DADI que son intention n’était pas de faire sensation mais de décodifier les codes. Noura Gauper, quant à elle, joue sur les influences : «J‘ai repris les codes esthétiques de la photo de mode, le jeu du noir et blanc que l’on reconnaît pour certaines icônes classique. Ici, il s’agit de déconstruire la question des normes esthétiques en faisant contraster la position de Moloudi sur les pointes. Cette posture a une portée hautement symbolique, également parce que très peu d’hommes dansent sur les pointes.»


«Histoire de poils», intro (crédit: Moloudi Hadji)


En jouant sur ces détails recherchés, alors que l’image est épurée, la photographe fait vibrer le regard dans la souffrance, comme sur des talons aiguilles, et l’élévation, avec une femme à la coupe ébouriffée, sauvage, un peu comme Marilyn Monroe. Si ce côté sexy traduit l’animalité de la femme, il reste que l’homme finit souvent par réprimander cette attitude, jugeant le fait de ne pas s’épiler comme antiféminin.

Artiste

Noura Gauper

Titre

NO GENDER

Zone

Centre

Adresse

Escaliers du Grand-Pont 5

Sites

www.nouragauper.ch

Instagram @nouragauper

https://www.instagram.com/nouragauper/

  

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Daniela Droz, photographe tessinoise installée à Lausanne depuis ses 19 ans, a également participé à «I Love #ArtisteDici». Sa sérigraphie fait partie d'une série de 6 images autour de la thématique du passage du temps et du temps de regard envers les images dans la rue.

«Mon interrogation porte sur la manière dont la lumière du soleil affecte l’espace urbain, sur comment le ciel change pendant la journée. «Heure bleue, heure dorée» propose une expérience des sens. Depuis l’espace urbain, on est plongé dans un espace intime marqué par la lumière.»

«Heure bleue, heure dorée», Daniela Droz (crédit: Simon Rimaz)


«Le projet est constitué d'une construction géométrique construite dans mon studio, comme une sorte d'architecture en miniature, photographié en noir blanc avec trois mouvements de lumière qui soulignent l'idée du passage du temps (comme la lumière du soleil qui change dans une maison durant la journée).» Sur cette base d'impression en noir et blanc, l’artiste a rajouté les dégradés qui rappellent un parfum de Guerlain, heure bleue et heure dorée. Il est vrai que certains couchers de soleil ne se voient qu’à Lausanne, sur notre beau lac ! «Ces effets de dégradés sont fait en sérigraphie avec une technique qui s’appelle irisation. Cette dernière m’a permis de faire des pièces uniques, car à chaque passage de machine, la couleur vient s’étaler de plus en plus sur la base de la photo en noir blanc pour créer le dégradé.» L’effet est magique.


Daniela Droz

Titre

Heure bleue, heure dorée

Zone

Sud

Adresse

Avenue des Figuiers 5

Passage sous le giratoire (nord)

Site

www.danieladroz.ch

http://www.danieladroz.ch/work/begegnungen/#tg2

 

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Les propos rapportés par un passant l’ayant interrogée sur son travail montrent que Morgane Erpen a également eu du plaisir à réaliser ce projet. «Je l’ai vue travailler toute la journée proche de mon lieu d’activité et n’ai pu m’empêcher de l’interroger sur son œuvre. Elle m’a expliqué comment elle transférait les pigments de couleurs de ses plantes sur l’affiche à l’aide de son marteau, pour obtenir l’image recherchée. C’était très joli à voir et sa ténacité m’a parue remarquable», dit-il.


«Ma pratique s’intéresse à notre mode de vie actuel : la manière dont nous consommons et vivons, les nouvelles technologies qui s’offrent à nous et plus spécifiquement notre impact, en tant qu’humain, sur ce qui nous entoure. En ce qui concerne le projet « ArtisteDici », et puisqu’il est intéressant de développer une création directement sur place, j’ai eu l'envie de travailler l’empreinte des végétaux à travers la technique dite du marteau. Le projet consiste en une récolte de plantes, que j'ai travaillée à même l’affiche en les tapotant afin d’en extraire leurs pigments naturels et d’y apposer leurs marques. Ces mêmes pigments évoluent au fil du temps et laisseront une trace en mouvement.»



Les structures urbaines lausannoises laissent leur trace en ville, et la nature cohabite avec l'artificiel, une «opposition heureuse», comme le dit Morgane Erpen. Il ne reste qu’à aller voir le résultat, «When the plants hammer the city», semble avoir frappé fort!

«Hammer the City», Morgane Erpen (crédit: DADI Magazine)


Morgane Erpen

Titre

when the plants hammer the city

Zone

Centre

Adresse

Avenue de la Gare 27

Angle Av. Rosemont

Sites

www.morganeerpen.com

instagram @morganeerpen

 

https://www.morganeerpen.com/a...

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