Photo by Beat Mummenthaler
art

Carlos Leal, unique et éclectique

En plein Covid et à Lausanne, deux paramètres qui ne présageaient pas une telle rencontre. «Je te vendais tes chaussures dans cette boutique connue dans le centre, mais aujourd’hui j’anime un webzine. Réaliser un portrait de toi serait génial!» Il s’est arrêté, dans l’obscurité d’une fin de journée à l’avenue de Cour, devant la Coop, masqué et en tenue relax. Carlos Leal a pris le temps d’écouter et de répondre: «Avec plaisir, écris-moi sur mes réseaux sociaux.»


Photo by Petar Mitroviç

Quelques jours plus tard, le rendez-vous était fixé, dans l’espace du designer Raphaël Lutz à Écublens, à trois minutes à pied de la gare de Renens. Je rejoins Carlos pour l’emmener à la Designer’s table qui avait lieu ce soir-là. Son œil de photographe s’arrête sur la Voie verte qui avait été peu de temps auparavant inaugurée par les Renanais, puis sur l’ancienne enseigne de la firme Valentine, notre hub pour la suite. «Je fais de la photo, ce n’est pas de l’argentique, auquel je vais bientôt me mettre. Je travaille en digital et j’essaie de trouver mon style, de m’approcher le plus possible de la peinture, bien que je ne la pratique pas. Je suis assez minimaliste dans ma recherche, je m’inspire de Hopper, je mise sur une ambiance. Je retrouve dans mes cadrages la rigueur suisse, ainsi que dans tout ce que je fais.» Et ça se sent, Carlos marche et s’imprègne de la nuit tombée. «J’observe ce qui m’entoure, car j’essaie de m’approcher de la fine art photography (le photographe en tant qu’artiste se sert de la photo comme moyen d’expression créative, ndlr). Il reprend: «Le street art a beaucoup été utilisé, manipulé et on en a un peu abusé, il ne prend plus assez position, il s’est bien développé, mais s’il n’a pas une base provocatrice ou politico-sociale, cela ne m’intéresse pas. Oui, j’ai fait des graphes quand j’étais gamin, c’était sympa, cela n’avait pas de fonction, il s’agissait juste d’une rébellion, car à l’époque, la culture hip-hop était déjà en soi revendicatrice, un outil de présentation pour une jeunesse souvent immigrée qui cherchait une identité.»

Dans nos verres, un chasselas bio, sec, mais agréable en bouche ; la conversation continue autour de la photographie, cette sous-branche de ce qui nous intéresse, l’image. L’image de l’acteur, du chanteur, du musicien, du photographe, de l’homme, de l’artiste. Cinquante nuances de Carlos qui chaussait du 45 et que l’on découvre admirateur d’Henry Cartier Bresson et de Robert Doisneau («Le baiser de l’hôtel de ville», ndlr), qu’il considère comme les pionniers de la street photography, pas encore répandue, bien qu’ils aient créé un genre. «J’aime que la rue me montre des choses plutôt que devoir aller les chercher. Mon regard se pose sur des détails qui ne sont pas beaux de prime abord, mais dont j’ai envie de dévoiler la beauté. Quand je sors prendre des clichés, c’est un moment de méditation, j’ai la sensation d’être essentiellement passif et que c’est l’extérieur qui me donne l’image. Le seul moyen que j’ai d’être actif à ce moment-là, c’est d’être suffisamment présent.» Une empreinte de l’expérience de vie que Carlos nous dévoile intrinsèquement, dans un sens de l’observation qui se fond avec ce qui l’entoure.

Photo by Tamara Lee Carroll

Se trouver, justement. Qui est Carlos, quelle est sa voie, d’où vient-elle, que suit-elle? «Ma middle age crisis a eu lieu désormais! Je suis acteur depuis vingt ans et deux des outils fondamentaux qu’il faut avoir sont l’ouverture et l’écoute. Celles des yeux, du corps. Il s’agit d’être suffisamment présent pour être avec la personne que l’on a en face.» Sur les tournages, cette présence est cruciale. La caméra la dévoile immédiatement. Elle doit disparaître pour que l’acteur trouve son ici et maintenant. Il advient une immersion profonde et c’est pour moi le même exercice que de sortir dans la rue, tout ouvert en observant ce qui vient à moi.»

Depuis le besoin de la jeunesse d’apparaître, d’en mettre plein la vue, l’homme a opéré un changement intérieur. «Le rapport à l’art est captivant, mais en tant que fils d’immigrés, la légitimité pour en parler ou en posséder est relative aux yeux du monde.» C’est d’abord la culture hip-hop qui lui a permis d’ouvrir des livres et de s’intéresser au cinéma, à la peinture, à la photo. «Où que j’aille sur un tournage, j’ai la chance de toujours trouver quelque chose à voir.» Et les références d’architecture, de design, d’expos se multiplient. Le style brutaliste dans le film Columbus, les édifices de Frank Ghery, la Library de San Diego, le Vortex sur le site de l’EPFL, le MCBA de Lausanne, et The Vessel dans le quartier huppé de Hudson Yards à New York. Puis la bande dessinée, un genre prémonitoire pour lui, auquel il est attaché depuis l’enfance avec Moebius, Alejandro Jodorowsky, ces intellectuels qui ont beaucoup inspiré le cinéma.

Et ce compas dans l’œil, il vient d’où? «Je crois que je suis dans le fond un esthète, je cible un détail, un trait de caractère.» Sa mère était couturière et son père tailleur, ce côté précis, Carlos le gère comme un travail d’artisan, pas d’artiste. À travers ce qu’il décrit, on ressent sa manière de découper le monde, et on apprend qu’il a suivi une formation de dessinateur en génie civil: «Les lignes sont mes racines, cet apprentissage ne m’intéressait pas, pourtant il m’est resté.» Son œil brille et sourit. Sa vie se structure en priorités, dans un équilibre qui lui permet de toucher à tout sans perdre de vue qu’il exerce avant tout son métier d’acteur. La caméra et les metteurs en scène le guident, il transcende quand il entend «action!». Tourner avec de grands noms du cinéma le mène à continuer sur cette voie qui porte toujours des fruits.

À Lausanne, il était venu pour un tournage justement: «Je bosse actuellement pour une minisérie, «Avoir l’âge», un scénario de Frédéric Recrosio, réalisée par deux jeunes femmes très douées Klaudia Reynicke, qui s’est fait remarquer pour un long-métrage qu’elle a écrit Love me tender et Kristina Wagenbauer pour la Radiotélévision suisse avec un cast italien, français et suisse.» Le personnage qu’il interprète, Jean Decker, une sorte de musicien virtuose, un génie du piano, est en pleine autodestruction familiale en raison de démons du passé.

Une conversation avec Carlos Leal, ce n’est pas parler d’un bâtiment locatif, de l’entrée, de la cage d’escalier ou des balcons. On dessine une ville avec lui, telle que Los Angeles: «Je suis très critique au sujet d’Hollywood, ce concept de film pop-corn n’est pas forcément quelque chose à quoi j’adhère, mais j’ai découvert avec la Californie et LA d’autres choses que j’ai pu vivre et qui m’ont transformé. Ce que je n’aurais pas eu si j’étais resté à Paris, à Madrid ou à Lausanne.» On parle de yoga, de liberté, c’est de l’ayahuasca aussi: «J’ai eu des réponses illico, tu peux te sentir très mal, mais si la plante agit, c’est qu’il se passe quelque chose à l’intérieur. J’invite la planète entière à essayer.» Et son sourire réapparaît.

Où se trouve Carlos Leal dans le monde? «Quand tu pars, tu penses que tu vas apprendre des choses, mais tu te mets dans une position où le retour est très difficile, comme cette réplique dans le film Cinema Paradiso 'Ne reviens plus, ne te laisse pas avoir par la nostalgie'.» Et si au début c’était un peu pour flamber, l’art a toujours été un guide sur mon chemin pour me développer. Entre le corps et l’esprit, de la break dance à l’ayahuasca, c’est pour Carlos une profession de foi.


Bio

Né le 9 juillet 1969 à Fribourg, Carlos a grandi à Renens (canton de Vaud).

En 1991 il fonde le groupe de rap suisse Sens Unik, qui rafle quatre disques d’or. Succès plein lors des concerts au Montreux Jazz festival et à Paléo notamment.

Accompagné de ses acolytes, il crée un label indépendant en 1994, cette carrière le propulse dans l’imaginaire collectif et personne n’oubliera jamais le « bigidibip » du morceau « Métro boulot dodo » (album Les Portes du Temps, 1992).

Loin de ses racines romandes, Carlos s’en va vers d’autres horizons fouler les plateaux de cinéma et de télévision, en Europe puis aux Étas-Unis, à Los Angeles, où il vit en famille, il est papa de deux enfants de 14 et 6 ans.

Il marque le star-système avec des rôles dans James Bond – Casino Royale, joue aux côtés de monstres du septième art comme Al Pacino, Willem Dafoe ou Martin Sheen sans omettre sa prestation sous la direction de Pedro Almodovar. Il gagne un prix à Berlin et ne cesse d’incarner ces personnages qui le portent sur la voie du grand écran. 

www.carloslealartist.com 

Instagram:

@carloslealartitst           

@carloslealpics

Texte: Monica D'Andrea

design
Au-delà de l'imagination

Au-delà de l'imagination

design
Le magicien de la lumière

Le magicien de la lumière

Sans la lumière originelle, ne subsiste que le néant. C’est sur ce thème que Davide Oppizzi a décidé de travailler pour développer sa relation au monde. Différentes nuances de luminosité, de l’éclairage d’objet à la sculpture d’extérieur à panneau solaire, ce designer suisse nous guide sur le chemin de la matérialité de la lumière.

art
Carlos Leal, unique et éclectique

Carlos Leal, unique et éclectique

«Leal», ça veut dire loyal en espagnol. Une conversation avec notre Carlos national, comme ça, au détour d'une soirée riche en confidences de la part de l'homme,...

art
L'art au coeur

L'art au coeur

Au cœur de Megève, il y a une histoire. Familiale, cosy, chaude en hiver et agréable en été. Le lifestyle s’inscrit dans un hôtel aux touches «arty» et au lu...

art
Pour l'amour de l'art

Pour l'amour de l'art

Jusqu’au 6 avril, ne perdez plus de temps à chasser les œufs de Pâques. Retracez plutôt les projets de l’exposition urbaine «I Love #ArtisteDici». Sur 135 candidatures, la Ville de Lausanne a choisi 45 artistes locaux pour tapisser les panneaux d’affichage de leurs œuvres. Photos, dessins, peintures, tout était permis : « Il faut relancer la culture!» insiste le programme  qui a lancé le top départ de l’initiative le
27 mars dernier.

architecture
« La forme suit le climat »

« La forme suit le climat »

Avec le recul, l'observation  et la précision, l'architecte suisse Philippe Rahm nous livre son point de vue sur la situation actuelle due à la pandémie. En revisitant l'histoire du bâti, il apporte un regard différent sur les choses, à l'instar de son oeil photographique original. 

design
Nemo tombe le masque

Nemo tombe le masque

Du sud de l’Italie à la scène mondiale, le designer et architecte Fabio Novembre nous raconte son parcours à travers Nemo, le fauteuil du Lupin 3.0.

art
Thomas Mustaki

Thomas Mustaki

La maxime Ars longa vita brevis qu’il avait tatouée sur son avant-bras aura pris tous son sens, le mardi 8 décembre 2020. 

art
Le message dans la capsule

Le message dans la capsule

L’art de rue, le meilleur moyen de véhiculer un message vite et bien. Ou vite et beau, vrai, fort, haut. Sapiens repeint son environnement à la force de l’arabica...

art
Guernica qui peut

Guernica qui peut

L’artiste Max Petrone sort de l’ordinaire. Ses peintures au café, ses portraits et son éclectisme font de lui un peintre du contemporain. Un peu street, aux coule...

art
Se souvenir des bonnes choses

Se souvenir des bonnes choses

Les Éditions Macula publient Servez citrons., livre de recettes gastronomiques où les plats sont photographiés après avoir été dévorés.

architecture
L'architecture vole la scène

L'architecture vole la scène

L’architecture se rapporte à l’espace, au temps et aux lieux. Vincent Baudriller, directeur du Théâtre Vidy, l’inclut dans l’art scénique et raconte sa vision du bâti.

design
Le masque ou la vie

Le masque ou la vie

Le projet BYOM (bring your own mask) d’Hyperaktiv est en train d’enflammer le Net. Les designers sollicités par Raphaël Lutz et son équipe ont proposé moult manières de concevoir le masque en cette période de post-confinement. Pour lier l’utile à l’agréable.

architecture
Nanda Vigo, la femme lumière

Nanda Vigo, la femme lumière

Le machisme des années 1960 l’a pendant longtemps marginalisée. Décédée le 16 mai, l’artiste et architecte milanaise cherchait l’évasion dans la couleur, les miroirs et l’espace cosmique.

design
Le théâtre intérieur de Gae Aulenti

Le théâtre intérieur de Gae Aulenti

Le Vitra Design Museum prolonge d’un an l’exposition consacrée à l’architecte et designer italienne. Plus connue pour sa production d'objets que pour ses réalisat...

art
Artiste bandit

Artiste bandit

Des rues de Gênes à celles de Milan, de la jet-set de Monaco à celle de Miami, MYFO78 pose son style. Amant de l’art de rue, du pop, il est autodidacte et connaît un succès qui va crescendo.

architecture
« La beauté peut nous aider à nous sentir plus heureux »

« La beauté peut nous aider à nous sentir plus heureux »

Il a 48 ans et travaille partout dans le monde. Entretien avec l’architecte, architecte d'intérieur et designer bolognais Matteo Nunziati qui parle de son métier face à une pandémie qui frappe durement son pays. (crédit: Dinah Wille)

art
Hauser & Wirth en réalité virtuelle

Hauser & Wirth en réalité virtuelle

Face à la pandémie, la galerie zurichoise accélère le lancement d’ArtLab, son programme d’exposition numérique.

design
¡ Hola Paco !

¡ Hola Paco !

On aime les fonts, les typos, les polices, les familles de caractères qui ont du… chien ! Xavier Cerdá crée Paco, une police bien typée.

design
Les B.A. d'Yves Béhar

Les B.A. d'Yves Béhar

Depuis sa base de San Francisco, le designer suisse imagine aujourd'hui les objets qui, demain, aideront la société à devenir meilleure.

design
Virgil Abloh se lance dans le street design

Virgil Abloh se lance dans le street design

Le designer à tout faire signe une collection de mobilier en béton graffé et troué, éditée par le galeriste parisien kreo.

art
Un disque par sa pochette

Un disque par sa pochette

Les mille vies de George Antheil, le «Bad Boy Of Music», photographié par Man Ray.

design
Un café à la page

Un café à la page

C’était l’ancienne Cravaterie, celle sous le Conservatoire, vous vous en souvenez? Découverte d'un nouveau café lausannois à la déco raffinée et spécialisée.

design
Julie Barrier,  métal précieuse

Julie Barrier, métal précieuse

Créatrice de bijoux, elle est originale, libre et transforme tout ce qu’elle touche en or… 14 carats.

design
Hella Jongerius défend ses fils

Hella Jongerius défend ses fils

Au centre Lafayette Anticipation, la designer néerlandaise redonne ses lettres de noblesse au tissage.

design
Design famililal

Design famililal

Un designer peut en cacher un autre. Comme Lorenzo Lazzeroni qui rend plus vrai que vrai les meubles dessinés par son père pour Poltrona Frau.

art
Hauser & Wirth sont sur une île…

Hauser & Wirth sont sur une île…

La galerie zurichoise ouvrira en 2020 un centre culturel à Minorque, sur l’Isla del Rey.

design
A Bâle, les Dimore comme dans un film

A Bâle, les Dimore comme dans un film

Pour se première participation à Design Miami / Basel, la Dimore Gallery de Dimore Studio rend hommage à l’architecte milanais Piero Portaluppi.

design
L'autre design latino

L'autre design latino

Le label lausannois Republica Austral présente à Bruxelles ses designers venus du Chili, d’Argentine et d’Uruguay.

design
Tom Dixon de retour à Milan

Tom Dixon de retour à Milan

Figure du design contemporain, rebelle, autodidacte et visionnaire, l'Anglais a ouvert son café Manzoni à l'occasion du Salon du meuble de Milan

design
Du style en attique

Du style en attique

Pendant le FuoriSalone de Milan, le designer Daniele Daminelli occupe le 25e étage de la Torre Velasca avec une exposition à l’ambiance cinématographique.

design
Formafantasma lights the light

Formafantasma lights the light

A Milan, le duo de designers italiens présente ses nouvelles collaboration avec Flos et dzek. 

design
Parfums précieux

Parfums précieux

Alberto Morillas, un nez hors du commun, que tout le monde connaît... sans le savoir. 

architecture
Aesch, école béton

Aesch, école béton

Entre 1959 et 1962, Walter Förderer construit dans la campagne bâloise cet étonnant collège à la marge entre l'architecture et la sculpture. 

design
Max Bill, Willy Guhl, Swiss sixties…

Max Bill, Willy Guhl, Swiss sixties…

Influencé par la « Gute Form », le design suisse des années 1940 à 1960 conquiert le marché de l’art et les amateurs de vintage. Pourtant, ses auteurs restent encore très méconnus. 

art
Curare  Curating  Curiosity

Curare Curating Curiosity

Rencontre avec, Hans Ulrich Obrist, curateur curieux et gardien du savoir et du souvenir.

architecture
Archiculte, archisacré

Archiculte, archisacré

Objet d'avant-garde, parfois expérimental, l'église moderne atteste de l'infinie variété de formes qu'incite l'inspiration divine. Comme quoi, l'architecture reli...

design
Retour à Memphis

Retour à Memphis

Fondé par Ettore Sottsass, le mouvement mettait du pop dans le design des années 80. 30 ans plus tard il inspire une nouvelle génération de créateur.

design
«Je suis en guerre contre le monde»

«Je suis en guerre contre le monde»

Ses colères sont homériques, son talent immense. Rencontre avec Enzo Mari, designer très indigné.

art
«Un arbre de Noël est une oeuvre d'art 11 mois par an»

«Un arbre de Noël est une oeuvre d'art 11 mois par an»

Inspiré par la science-fiction, la musique et le cinéma, fasciné par l'art et son rapport au temps, Philippe Parreno expose désormais seul après avoir longtemps cultivé l'esprit de bande.

design
Et soudain, la lumière...

Et soudain, la lumière...

Interview « Light » avec Naoto Fukasawa, maître de la forme, un sensei du design Super Normal.

architecture
S comme Superstudio

S comme Superstudio

D'Architectonique à Weissenhofsiedlung, de Modulor à Pritzker, petit dictionnaire constructif des mots du bâti.

architecture
Philip Johnson et le gratte-ciel-jouet

Philip Johnson et le gratte-ciel-jouet

L'AT & T Building, monument postmoderne dont l'auteur a milité pour l'épure avant de basculer dans le côté obscure.