Designers suisses, régénérationfrde

SIBYLLE STOECKLI - LAUSANNE

Ils sont suisses, français, slovaques, belges ou suédois. Certains sont déjà connus sur la scène internationale, d’autres apprennent à se faire un nom. Certains se la joue collectif, d’autres mènent leur carrière en solo. Mais tous ont comme point commun d’être designer et de répondre à la sursaturation de produits en créant des objets justes et pas juste des objets. Dégagée des contingences marketing qui peuvent plomber la création, cette nouvelle génération partage aussi un soin pour la production de très haute qualité en favorisant le savoir-faire artisanal et la fabrication 100% helvétique. Nous avons choisi dix de ces nouveaux talents qui mettent de l’intelligence dans le quotidien. Dix créateurs, à peu près équitablement répartis entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, qui nous parlent de leurs projets en cours, de leurs inspirations, de leurs idées et parfois des difficultés à les concrétiser. Le design, c’est tout une histoire… /// Cet article a été publié dans DADI no1, mars 2012

Elle explique son nouveau projet, installée dans un cocon-lecture de la librairie de l’Epfl. Tabula Rasa est un texte théorique, une remise en question du métier de designer de produit. Suivit d’une enquête globe-trotter intitulée «Global Design Research» qui dressera l’inventaire des objets les plus indispensables et les plus intéressants à travers le monde. Et dont la tête de liste serait... «la poubelle, essentielle à la consommation», ironise Sibylle Stoeckli qui ignore où ce trip dans l’univers des formes va la conduire. Pas grave. « C’est très important d’accepter ce risque, pour rencontrer d’autres cultures, d’autres manières de fonctionner avec le mobilier et le corps.» Histoire de voir ailleurs pour mieux rebondir ici. «Je ne design pas une collection d’objets nouveaux, j’en désigne une avec des objets existants », précise la designer qui travaille à son compte depuis sept ans. «Après l’Ecal, j’ai passé trois mois chez Barber & Osgerby à Londres. Là-bas, j’ai compris que c’était le concept qui m’importait vraiment et que de travailler pour quelqu’un sans maîtriser jusqu’au bout la matérialisation de mes projets ne m’intéressait pas. » Sibylle Stoeckli, designer sans compromis. Son premier objet édité ? Airfork One, une fourchette-avion en silicone qui parle de la relation parent-enfant. Ensuite? Les étagères Dully pour Atelier Pfister. Et puis les objets textiles autoédités par Louise Blanche – « traité de la même manière que des objets de design. Un projet qui se développe petit à petit depuis six ans » - sans oublier son dernier travail: la lampe cloche créée avec le souffleur de verre franco-bâlois Matteo Gonet, actuellement en développement en différentes variantes. www.sibyllestoeckli.com

Le sens des fibres
«Je collabore aujourd'hui avec la Fondation HorizonSud qui travaille avec des personnes atteintes de schizophrénie. Les différents sites sont placés dans la belle région de la Gruyère, entre monts et vallons, entourés par les montagnes. Les trois ateliers principaux sont, le papier, le tissage et le bois. Mon rôle est de redessiner une collection d'objets en bois et de redéfinir l'ensemble des objets produits. Ajouter du sens... Donner du sens à ce que l'on fait, c'est gagner en qualité de vie ! L'objet doit être pensé pour son utilisateur, mais avant ça, il doit être pensé également pour celui qui le crée, étape par étape. J'aime ce projet pour ça, parce qu'il inclut vraiment tous les acteurs de l'objet.
Après avoir visité le parc des machines, je suis maintenant dans une phase de réflexion. Le domaine de l'art de la table est un domaine sur lequel j'ai beaucoup fait de recherches ces dernières années. Je trouve que le bois est un matériau très agréable au toucher, surtout au petit déjeuner lorsque démarre la journée. J'aime cet instant ou tout est encore possible et qui fera que la journée sera plus ou moins ensoleillée ! »

SUJET: EMMANUEL GRANDJEAN
PHOTOS: ANNIK WETTER


DADI Daily
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